rebound-circle

L’équipe canadienne de trampoline aux Jeux olympiques de Londres en 2012

La perspective de l’entraîneur

Par Dave Ross. .Entraîneur de l’équipe canadienne de trampoline.
Publié le 30 octobre 2012.

Bien que Rosie soit l’athlète de l’équipe qui ait causé l’euphorie en sol canadien avec la seule et unique médaille d’or du pays aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, je suis extrêmement fier de chacun des trois athlètes de l’équipe canadienne de trampoline à ces Jeux.

D’entrée de jeu, il est à noter qu’il est très difficile de se qualifier pour les Jeux Olympiques dans quelque discipline que ce soit. Karen, Rosie et Jason ont d’abord travaillé fort et sans relâche pendant de nombreuses années pour atteindre l’élite mondiale en trampoline. Ils ont ensuite su livrer les performances nécessaires sous pression pour assurer la qualification de trois participants pour le Canada à ces Jeux, pour ultimement parvenir à chacun obtenir un de ces trois laissez-passer pour les Jeux.
Dans le cas de Jason, en raison d’une blessure, la qualification ne s’est conclue qu’au terme de la dernière compétition de sélection! Bien sûr, je suis, en outre, fier que ces athlètes s’entraînent tous au club de trampoline Skyriders.

Après s’être individuellement qualifiés pour les Jeux, ils se sont tous les trois entraînés rigoureusement et intelligemment en vue de ceux-ci.
En route vers les Jeux Olympiques de 2012, ce fût un été long et chaud aux Skyriders, avec son lot de pratiques supplémentaires, qui n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille. Chaque athlète a dû minutieusement trouver l’équilibre entre le désir de s’entraîner à haute intensité et le risque d’aggraver ses blessures. Cette bonne préparation s’est poursuivie dans les jours d’entraînement à Londres, et les athlètes ont pu garder le focus sur la tâche au village olympique.
Arrivèrent finalement les journées de compétition. Pour nous tous, moi inclus, ces journées rimèrent avec un désir d’avoir eu un peu plus de temps pour se préparer et une pression reliée à la présence euphorisante des médias.

Au terme des compétitions, je suis très fier que les trois athlètes aient atteint les finales! Ceci implique d’avoir su gérer la pression à travers deux routines exécutées contre les meilleurs athlètes de la planète et d’atteindre la première moitié du classement!

Malgré toutes les blessures, Jason était bien préparé pour sa routine de 18,2 points de difficulté. Au cours des dernières semaines menant aux Jeux, elle était belle et se démarquait. Hélas, le seul mouvement avec lequel il éprouvait parfois des difficultés en entraînement a été problématique durant la ronde finale.
Pour Karen, terminer au quatrième rang, à seulement neuf centièmes de points (0,09) du podium était particulièrement crève-cœur. Parmi toutes les rondes finales auxquelles elle a participé à travers quatre Jeux Olympiques, elle a livré sa meilleure routine, et la plus difficile,. Si le classement des finalistes avait été établi en fonction de la moyenne des résultats des sept juges d’exécution, elle aurait facilement remporté le bronze. Malheureusement, les règles à ce moment impliquaient que seulement trois des sept notes d’exécution soient considérées. Conséquemment, Karen a tristement raté sa chance de marquer l’histoire du sport canadien avec une quatrième médaille en quatre Jeux consécutifs. Au final, en atteignant le top 4 à chacune de ses quatre participations, elle conclut son parcours Olympique en championne.

Quant à Rosie, son épopée jusqu’à la médaille d’or est, pour moi, similaire à l’histoire du petit moteur qui se disait sans cesse « je peux le faire, je peux le faire ». Ceci fut particulièrement vrai au cours des quatre années qui ont suivi les Jeux Olympiques de Pékin, alors qu’elle fut la plus jeune et la moins blessée des trois athlètes.
Pour ces deux raisons, ce fut celle qui s’entraina le plus fort, et qui était toujours prête à écouter et essayer de nouvelles pistes pour mieux performer. Une troisième raison que j’ai observée est le fait qu’elle était la seule de l’équipe à ne pas déjà avoir de médaille olympique, ce qui la rendait très affamée.

Le résultat de ses efforts a commencé à paraître quelques mois avant les Jeux Olympiques, alors qu’elle est d’abord devenue l’athlète féminine avec la routine de finale la plus difficile, et ensuite la gagnante de la dernière Coupe du Monde avant Londres. Cette Coupe du Monde constituait la dernière étape de compétition majeure avant les Jeux.

Rosie était classée quatrième après la ronde préliminaire aux Jeux Olympiques de 2012. Les commentaires sur sa stratégie ont été les suivants : « Je n’avais rien à perdre, alors aussi bien tout donner ». Sa routine finale a finalement été meilleure que ses performances d’entraînement! Neuf des dix figures de la routine ont été exécutés avec le meilleur niveau de qualité possible. Une performance vraiment étincelante. Ceci lui a valu son meilleur pointage à vie, mettant du coup une pression supplémentaire sur les athlètes qui devaient sauter après elle.
Rosie a finalement décroché la médaille d’or. Une belle preuve qu’il n’y a pas de limites en gardant les yeux rivés sur l’objectif et en restant positif. C’est maintenant toute notre équipe et tout le Canada qui sommes fiers d’elle.